Elle s’appelle Tralala
Elle a
15 ans
Des yeux de chat
Les plus beaux nichons du monde
Comme des bulles de chewing-gum
Sous ses pull-overs
Moulants
D’hiver
Et puis blonde
Avec ça
Ses doux dômes
De laine douce
Au point mousse
Elle pense qu’elle n’a que ça pour elle
Pauvre môme
Elle est belle
Pourtant
Tralala 15 ans
Comme un mauvais pressentiment
Elle s’est déjà tapé
Tous les mecs du quartier
Pour le sexe
Simplement
A l’arrière des voitures
Dans les chiottes du Tex-Mex
Dans l’herbe tendre
Rarement
Pas d’tralala
Pour Tralala
C’est une vraie dure
T’entends
Pas d’tralala
Pas d’restaurant
Pas de mot d’amour menteur
Les garçons l’aiment pour cette raison
Et ses nichons
Sous son cache-cœur
Y’a juste besoin
‘Vec tralala
Pour qu’elle ouvre les cuisses
Et qu’elle ferme ses yeux de chats
D’un pack de bières
Sur la plage arrière
De la caisse
Et sur les ondes
Un air de Prince
Alors elle entoure les fesses
Des mecs qui la tirent
Amoureusement
La miss
De ses petites tennis
15 ans c’est tout
Pour Tralala
Bout
De femme
1m60
Gueule d’ange
95 bonnet
C
A 15 ans
C’est assez
Tralala
Trois syllabes à l’Etat-civil
123
Lancés comme ça
Comme trois cailloux
Dans la mare
Des filles
Du quartier
Des jaloux
Qu’en ont marre
Qui médisent
« La revoilà
Cette Tralala
Cette petite pute de rien
Qui nous pique
Nos mecs
-Z’ont la trique-
Rien qu’en bombant les seins »
C’est ce qu’elle traîne
Derrière elle
La jolie Tralala
La convoitise l’envie la haine
Les vendettas
Parfois les crachats
Comme une robe de mariée
Qui s’étale
Sur le bitume
Toute sale
Déchirée
Alors elle relève sa jupe
Mini
Pour qu’on la regarde encore
Tant pis
Si
Elle s’enrhume
Jusqu’à sa toison d’or
Mais comme ça finit
Toujours mal
Ces beautés là
De tragédies
Un jour sous un soleil de plomb
Qu’elle avait bu trop de whisky
Et qu’elle bombait trop ses nichons
95 bonnet
C
Ca fait rêver
Tralala
S’est faite baiser
A en mourir
Par tous les mecs
Du quartier
Pour décor
Un terrain vague
Un vieux siège en cuir
Marron
Un cadavre
De voiture
Le vieux chien qui urine
Des ordures
Et tout au bord
Sur les ruines
Quelques filles faisant salon
Les filles qui rigolaient
Les filles qu’encourageaient
Le crime
« Elle a trouvé ce qu’elle cherchait
Cette Tralala d’malheur
Ouais et elle l’a pas volé »
Tant d’cruauté sous un cache cœur
Elles tenaient leur revanche
Enfin c’est ce qu’elles croyaient
Car sur la belle jupe blanche
De Tralala
Poussaient
Des fleurs de sang
Qui lui donnaient
Malgré la crasse
Les traces
De bière
De sperme
De sueur
Des airs
De princesse de conte de fée
Entre l’horreur et l’éthéré
Tralala v’nait d’avoir 16ans
Quand elle est morte
Pauv’e môme
Et les plus beaux nichons du monde
Moulés sous son pull jaune
On l’a laissée crever
Toute seule
Dans sa jupe déchirée
Une fleur rouge
Entre les cuisses
Aux pieds
Ses petits tennis
Trois gosses qui passaient par là
Qui aimaient bien traîner
Escalader les vieilles voitures
Avec leur VTT
Ont chanté d’une voix flûtée
Une chanson à la con
« Un p’tit coup d’tralala
Un p’tit coup d’tralala
Cor’ un coup d’tralala
Dernier coup d’tralala »
Et ils sont repartis dans le soleil couchant
Vers le béton
Voilà
Personne n’a sonné le glas
Pour Tralala
Comme tocsin
Le générique du journal de TF1
A retenti dans les foyers
Suivi bientôt
D’la météo
« Demain f’ra beau »
Les enfants ont débarrassé
Les assiettes
Du dîner
Le plancher
Puis sont allés jouer
Au Western
Dans la cité
Ou à la console Sega
Sans plus penser
A Tralala
Bout de femme
1m60
Pile
Des yeux de chat
A L’Etat-civil
Trois syllabes
Et puis blonde avec ça
Dormant
Belle
Sous la lumière brutale
D’un réverbère
Derrière
Le parking
Du centre commercial